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Projets en cours

Suivi écologique du bongo sauvage dans son milieu naturel: test de faisabilité en République Centrafricaine

La Fondation IGF réalise une première mondiale en équipant un bongo sauvage avec un collier émetteur

Quel enjeu ?

Très peu d’études sur la biologie du bongo (Tragelaphus eurycerus ) ont été publiées. Discret et mystérieux, le bongo reste donc largement méconnu. Il est ainsi considéré à tort comme exclusivement inféodé aux forêts denses humides, alors qu’il se rencontre tout autant dans les galeries forestières de savane.

Le bongo est pourtant une espèce emblématique pour la valorisation de la biodiversité, que ce soit par le tourisme de vision ou de chasse. Cette espèce présente par ailleurs une caractéristique remarquable: c’est la plus grande antilope de forêt du monde.

Quel role pour la fondation IGF ?

C’est pour pallier ce déficit de connaissances que la Fondation IGF a entrepris une étude du bongo de plaine dans son milieu naturel, au nord de la République Centrafricaine. Elle a opté pour un suivi à distance (télémétrie) qui permet de localiser les animaux équipés de colliers émetteurs sans les déranger, et donc sans perturber leurs déplacements et activités.

Le suivi écologique par télémétrie implique cependant de capturer les individus pour les équiper et de disposer d’une bonne réception des signaux émis par le collier pour localiser à distance les positions qu’ils occupent.

La pose d’un collier émetteur sur cette espèce en liberté constituant une première mondiale, il n’existait de références en matière de protocole anesthésique que pour les bongos captifs ; il fallait donc adapter ce protocole aux bongos sauvages. Par ailleurs, la transmission des signaux dans l’habitat fermé occupé par le bongo représentait un défi technologique.

C’est pourquoi, avant d’envisager un suivi à grande échelle du bongo dans son habitat naturel, la Fondation IGF a réalisé une étude de la faisabilité des opérations de capture du bongo en conditions naturelles et une évaluation de la pertinence et de la qualité des informations recueillies.

Les résultats

Le 15 Décembre 2007, le docteur Philippe Chardonnet, directeur de la Fondation IGF, est parvenu à équiper un spécimen sauvage de bongo avec un collier émetteur dans la région centre-nord de la République Centrafricaine. Le suivi télémétrique du bongo a été effectué grâce à un collier utilisant un téléphone satellite comme émetteur.

La capture effectuée par le Dr. Philipe Chardonnet a été un succès. La Fondation IGF dispose donc désormais d’un protocole anesthésique étalon qui lui permettra d’ajuster les doses anesthésiques pour immobiliser un bongo sauvage.

Malheureusement, pour des raisons de paramétrage, le collier a cessé d’émettre le 3 Février 2008. La période de suivi n’a donc duré que 6 semaines pendant lesquelles 34 positions ont pu être enregistrées. À partir de ces localisations, nous avons pu évaluer les déplacements effectués par l’antilope, les habitats fréquentés, et la surface de son domaine d’activités. Bien que l’estimation du taux de fréquentation des différents habitats soit biaisée par un taux de transmission des positions variant avec la densité de la canopée, cette étude préliminaire indique que le bongo utilise une plus grande diversité d’habitats que ce qui est communément admis. Le bongo équipé a en effet fréquenté la forêt sèche, fait des incursions en savane, et a souvent été localisé dans les zones de transition entre la savane et la forêt sèche.

Ces premiers résultats encourageants confirment l'intérêt d’une étude à plus grande échelle.

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